RESSOURCES PEDAGOGIQUES POUR LES ENSEIGNANTS

Il, ils, on (fiche professeurs)

Emmanuel Gely, Lycée Jules Verne de Guatemala

On entend assez fréquemment dans mon petit lycée français de Guatemala dont le public est en très grande majorité hispanophone des phrases qui pourraient être celles-ci :

  1. Dans le journal d’aujourd’hui, il dit qu’il y aura une grève demain.
  2. Dans le texte, il dit que…
  3. Ils disent qu’il y a une grève demain, c’est vrai ?

Ou bien encore lorsqu’un élève frappe à la porte de la salle des professeurs et veut savoir si tel professeur se trouve dans la salle :

  1. Il est Monsieur Dupont ?   

L’interférence de l’espagnol

Pour les trois premières phrases, c’est probablement le désir d’employer un sujet indéfini qui est à l’origine des maladresses. L’espagnol utilise principalement deux tournures pour exprimer un sujet indéfini : « se + verbe à la troisième personne du singulier » (« se dice que…») ou bien la troisième personne du pluriel («dicen que… ») qui correspondront en français au pronom indéfini « on ».

  1. Dans le journal, on dit que… on annonce que… il est écrit que… il est annoncé que…
  2. Dans le texte, on dit que… il est écrit que… l’auteur dit que… Le texte dit que…

Or les élèves oublient souvent la valeur première de « on », celle de pronom indéfini, pour ne retenir que celle d’équivalent de « nous ».

Pour ce qui est de la quatrième phrase, elle correspond à une traduction littérale de « ¿Está el señor Dupont? ». Les élèves semblent ignorer que dans un tel cas on ajoutera à la question l’adverbe « ici » ou « là », et il ne fait aucun doute que beaucoup ont du mal à gérer les différentes manières de formuler une question selon les niveaux de langue.

  1. Il est là, Monsieur Dupont ?
  2. Monsieur Dupont est là ?
  3. Est-ce que Monsieur Dupont est là ?
  4. Monsieur Dupont est-il là ?