RESSOURCES PEDAGOGIQUES POUR LES ENSEIGNANTS

Si + imparfait de l’indicatif = Si + subjonctif imparfait

Auteur : Emmanuel Gely, Lycée Jules Verne, Guatemala

Dans les structures exprimant l’hypothèse au passé, on entend fréquemment chez les francophones des formules comme :

  1. Si j’aurais su, je n’aurais rien dit.
  2. Ce serait bien si vous pourriez m’aider.

Pourtant c’est par erreur qu’on emploie ici le conditionnel (aurais su, pourriez) après « si ». Il ne faut pas croire que le conditionnel exprime une condition : il exprime une action conditionnée, une action qui se réalisera à condition qu’une autre action se réalise

Dans « Si je le pouvais, je t’aiderais », le verbe aider est au conditionnel par ce que l’action d’aider est conditionnée par le fait que je puisse  aider. La condition est donc exprimée par « si je le pouvais » avec le verbe pouvoir à l’imparfait.

En français la condition s’exprime avec « Si + imparfait » ou « Si + plus-que-parfait ».

Quel lien avec les interférences linguistiques comme les hispanismes ?

Pour un hispanophone la tentation d’employer le conditionnel après « si » est d’autant plus grande que l’hypothèse en espagnol s’exprime avec « si » suivi du subjonctif imparfait, donc une forme verbale terminant par « -ra » qui rappelle phonétiquement le conditionnel.  Par exemple : Si lo pudiera, te ayudaría.

Il est donc fondamental de mémoriser les structures suivantes :

  1. (FRA) Si + imparfait de l’indicatif, conditionnel = (ESP) Si + subjonctif imparfait, conditionnel (Si vous pouviez m’aider, ce serait bien = Si pudiera usted ayudarme, me sería muy útil.
  2. (FRA) Si + plus que parfait, conditionnel passé =  (ESP) Si + subjonctif plus-que-parfait, conditionnel passé (Si j’avais su, je n’aurais rien dit = Si hubiera sabido, habría callado.

en se rappelant par exemple la comptine « Promenons-nous dans les bois, pendant que le loup n’y est pas, si le loup y était, il nous mangerait.» ou une phrase humoristique comme «Si tous les idiots se taisaient, le silence régnerait !»